samedi 17 décembre 2016

La connaissance des lieux


Il est commun d'envoyer des dossiers à l'aveugle mais rares sont ceux qui font mouches lorsqu'ils sont mal calibrés. 

Si vous n'avez pas un réseau très développé alors vous n'aurez connaissance de la publication d'un poste qu'en même temps que tous le monde. 

Si vous avez convoqué pour l'oral, bravo à vous ! Mais rien n'est joué.

Qui aura la main sur le poste ? L'information est primordiale
  • Demandez plus de précisions au président du jury (ou au directeur de laboratoire ou au chef d'équipe le cas échéant). Même si l'information est directe, ce n'est cependant pas la meilleure façon d'avoir le plus de détails. Vous n'aurez par exemple pas de retour de type conflit entre équipes, rapport de pouvoir, etc...
  • Demandez à un tiers de partir aux informations. Il faut bien sûr que celui ait ses entrées dans le laboratoire pour quérir les informations. 
Pourquoi vous ?
  • Avez-vous été retenu juste pour remplir la liste ? Parce que vous avez un bon dossier ? Parce que vous êtes un candidat avec des chances non-nulles qui intéresse l'équipe dominante ?
  • Qui dans le jury ou dans le laboratoire a poussé votre candidature ? Il est alors important de comprendre le premier point ou d'en avoir une bonne idée.
  • Si vous concluez que vous êtes un "second choix" ne désespérez pas et ne baissez surtout pas les bras. Vous n'avez rien à perdre ! D'une part, il y a un grand jeu de chaise musicale pour l'attribution des postes. D'autre part, vous pouvez toujours faire une très bonne impression qui payera pour un autre poste pour cette année ou l'année suivante.
Connaitre le laboratoire 
  • Il faut ensuite éplucher les pages web du laboratoire. Optimalement il faudrait pouvoir associer un visage avec un nom et avec une thématique de recherche pour chaque personne de l'équipe d'accueil. Cela est primordiale si vous arrivez à vous faire inviter pour un séminaire ! 
  • Il faut connaitre la composition du jury. Demandez-la au président du jury ! Il faut ensuite refaire le jeu du who's who avec les membres du jury. Rares sont les jurys qui se présentent ou mettent des petits papiers avec leur nom.
  • Le dernier point est de toute importance pour bien savoir comment répondre à une question. On ne répond pas de la même façon à un géomètre qu'à un algébriste ou à un EDPiste. En cas de doute demandez le nom de votre interlocuteur.
  • Préparer la réponse à la question : "Si nous vous recrutons, avec qui allez-vous travailler ?". La question se décline pour le choix de l'équipe mais aussi des professeurs à qui vous serez rattachés. Ici s'apprécie toute la recherche d'information et surtout la connaissance des jeux de pouvoir. Une mauvaise réponse a un effet catastrophique.

Conseils :
  • Faites-vous inviter pour un séminaire dans tous les laboratoires qui sont susceptibles d'avoir un poste.
  • Allez dans tous les GDR et réunion d'ANR. Il faut se faire connaître par la communauté. 
  • Citez correctement les articles des membres de votre communauté. Un jeune docteur ne peut se permettre de se mettre à dos un chercheur confirmé (et en poste !).
  • Ayez une page web à jour ! Le jury pianote rapidement sur mathscinet et sur votre page web.

Pour les jurys :
  • Prenez le temps de mettre en ligne la liste du jury et/ou de la communiquer aux candidats.
  • Mettez votre nom devant vous. Déstabilisez un candidat peut vous empêcher un bon recrutement.

Postuler à l'étranger


Comme la situation n'est pas simple pour obtenir un poste permanent en France, les jeunes docteurs sont souvent contraints de postuler à l'étranger. 

Il est important tout d'abord d'avoir un carnet d'adresse. C'est généralement au directeur de thèse de faire jouer son carnet d'adresse pour trouver un lieu d'accueil. Cela n'est pas toujours chose aisée et il faut prévoir des plans B (bourse Joliot-Curie, Post-doc ANR, poste ATER...).

En cas de post-doc classique, sans enseignement, le fait de parler la langue du pays est un plus mais n'est pas une vraie nécessité. Cela vous permettra certes de socialiser mais aussi à suivre certains séminaires, d'orateur récalcitrant à l'usage de l'Anglais.

En cas de poste avec enseignement, il vous sera demandé d'apprendre très rapidement la langue. Il est souvent possible d'apprendre la langue à l'Université et voir même de se faire payer les cours par votre employeur. 

Attention, même si le poste est permanent, ce n'est généralement pas un poste de fonctionnaire comme en France. Une personne n'apprenant pas la langue sera rapidement remerciée. Rare sont généralement les cours donnés en anglais pour le niveau licence.

Les plus du candidat :
  • Si vous parlez couramment un ou plusieurs langues étrangères (hors anglais), il faut le mettre en avant dans votre dossier et ne pas hésiter à le mentionner lors d'un éventuel entretient d'embauche.
  • Mentionnez le fait qu'il existe telle ou telle structure dans l'Université ou la ville pour apprendre la langue.
Le piège :
  • Si vous postulez dans un pays B et avez résidé quelques années dans un pays A, un jury avisé vous poserait une question dans la langue du A pour vérifier si vous avez ou non fait l'effort d'apprendre la langue et a fortiori si vous allez apprendre la nouvelle langue rapidement.
Conseil : 
  • Si vous êtes en post-doc pour 2 ans ou plus dans un pays de langue un peu exotique alors apprenez la langue pour ne pas vous fermer de porte.

Pourquoi ce blog ?

Depuis le loi LRU, les postes de maître de conférence sont de plus en plus rares. Beaucoup de départs à la retraite ne sont pas renouvelés. La compétition est de plus en plus difficile pour les candidats. Il est donc primordiale d'optimiser ses chances.

Etant pour ma part Maître de conférence en mathématiques, je vais développer plusieurs points qui me semble important de ne pas négliger lors de la préparation de son dossier ou de son entretien.

Beaucoup de ses conseils sont transposables dans d'autres domaines et j'espère qu'ils vous permettrons d'obtenir un poste.